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Eric Fischer, de Heras, à propos du marquage CE sur les portails

« Beaucoup d’entreprises ignorent qu’aux Pays-Bas, vous êtes tenu d’acheter un portail avec un marquage CE. Un employeur doit fournir des équipements de travail sûrs à ses travailleurs. Pour le visiteur, le marquage CE est gage d’un accès sécurisé. » Eric Fischer est collaborateur en R&D chez Heras et tente de m’expliquer en quoi consiste exactement le marquage CE pour les clôtures et portails : « L’accès à un endroit ne peut pas se solder par des dommages corporels. C’est stipulé dans des règles que nous devons respecter. Pour notre propre sécurité, pour éviter les risques de piétinement ou d’électrocution. Que le produit puisse être vendu librement en Europe est accessoire aux yeux du client. » Car pour régir ce libre-échange justement, il y a le marquage CE.

CPR, CPD et marquage CE

« Le sigle CE est aujourd’hui présent partout ou presque. Il a été créé pour faciliter le commerce au sein de l’Europe, entre autres. Avant l’arrivée du marquage, chaque pays avait ses propres règles et cela posait des problèmes à l’exportation. Pour les producteurs, c’était l’enfer. Des normes et des règles européennes ont donc été édictées pour de nombreux produits voici quelques années. » Et donc aussi pour la construction ? « Beaucoup de ces normes s’appliquent en effet aux produits de la construction. Certaines remontent même à la fin des années 1980. Le ‘Règlement produits de construction’ (‘Construction Products Regulation’ ou CPR) obligatoire est entré en vigueur en 2013 et venu remplacer la directive précédente (CPD) qui était plus souple. Tout produit de construction pour lequel il existe une norme harmonisée doit répondre au CPR. Le CPR est devenu pleinement applicable depuis juillet 2013 et chaque État européen doit s’y plier. »Le CPR va-t-il plus loin que le marquage CE ?
« Avec le marquage CE, le fabricant déclare que son produit a été testé ou évalué selon des normes européennes. Le CPR impose, outre le marquage CE, la déclaration des performances (‘Declaration of Performance’ ou DoP) qui renseigne les performances du produit de construction en ce qui concerne ses caractéristiques essentielles. » Qu’en est-il pour les portails ? « Pour les portails coulissants, c’est par exemple la force de fonctionnement qui est visée : si je risque d’être coincé par un portail, je ne peux pas être blessé. Lors de l’achat d’un portail coulissant, les clients ne réfléchissent souvent pas à l’importance du marquage CE. Ils partent du principe que le produit est sûr. Mais la sécurité coûte de l’argent. Dans la pratique, il y a là matière à discussion. » Matière à discussion ? « Oui. On est vite content. Or, un simple autocollant CE n’est pas suffisant. Certains fournisseurs vont jusqu’à l’apposer alors que le portail n’a pas été placé de manière conforme, par exemple. C’est parfois difficile à expliquer au client, car le contrôle des autorités reste minimal. » Donc, un marquage CE seul n’est pas suffisant.
« Un marquage CE est une chose, mais la déclaration des performances en est une autre : elle montre à quelles exigences essentielles le produit répond pour son utilisation visée. Chez Heras, tous nos produits concernés ont leur déclaration de performances et nous pouvons dès lors y apposer un marquage CE. » Ces derniers temps, Eric reçoit de nombreuses questions sur le marquage CE, surtout en ce qui concerne les portails.

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Eric Fischer

Questions et réponses sur le marquage CE des portails

Vous trouverez ci-dessous une synthèse des questions les plus fréquentes sur le marquage CE et le règlement CPR concernant les portails :

  • Mon portail répond-il aux exigences ? « La majorité des questions que je reçois concernent la configuration du portail coulissant. Est-elle conforme ? Il s’agit presque toujours de portails électriques qui, s’ils coulissent le long d’un bâtiment, posent un risque de coincement : si la partie coulissante est montée de manière insécurisée, cela pourrait entraîner des dommages corporels. » Existe-t-il d’autres dangers ? « Oui. Le portail doit s’arrêter automatiquement s’il rencontre un obstacle, par exemple une main glissée entre les grilles. Il existe pour cela des encadrements de sécurité. Ou si quelqu’un se faufile rapidement par le portail, il ne peut pas se retrouver coincé : le portail doit s’arrêter et éventuellement se rouvrir, comme le feraient les portes d’un ascenseur. »
  • Peut-on installer un mécanisme d’entraînement Heras sur un portail concurrent ? « Notre département Service me transmet souvent des questions de clients qui souhaitent adapter une transmission Heras sur leur portail acquis chez un concurrent. C’est parfois possible, parfois non. Dès lors que nous installons une transmission Heras sur le portail d’un tiers, nous devons veiller à ce que le niveau de sécurité reste similaire ou devienne supérieur. Et le portail concurrent en question doit naturellement disposer d’un marquage CE. » Ce n’est donc pas toujours réalisable ? « Pas toujours, non. Supposez qu’un client dispose d’un portail coulissant avec un marquage CE, mais que l’installation de notre transmission impliquerait une vitesse plus élevée : nous devons alors procéder à un contrôle. Soit nous devons prendre des mesures supplémentaires, soit le souhait du client n’est tout simplement pas réalisable. »
  • Mon portail répond-il aux exigences concernant la force du vent ? « Les clients s’interrogent aussi souvent sur la force du vent. Pour satisfaire à la certification, le portail doit en effet résister à des forces déterminées. Nous les renseignons avec plaisir à ce sujet. »

Fort de ses connaissances, Eric fait aussi partie de groupes de normalisation pour l’écriture et la révision des normes européennes sur les portails. « On a ainsi le sentiment d’avoir voix au chapitre. On participe à la réflexion et aux discussions. » Et cela rend son travail diversifié.

« Jongler entre les domaines de l’ingénierie et de la normalisation est ce qui me passionne le plus. Les tâches du département R&D sont extrêmement variées, c’est vrai, mais ce sont là mes deux principales activités. L’ingénierie a d’ailleurs été au cœur de ma formation : après avoir suivi la filiale Construction mécanique en secondaires techniques, j’ai décroché un diplôme de l’enseignement supérieur technique en Cadre d’entreprise, avant de rejoindre Heras. J’y travaille depuis 1996, et j’y trouve encore et toujours satisfaction. »Ça, nous l’avions compris : c’est non sans fierté qu’Eric nous parle de son employeur. Un employeur qui peut se réjouir de compter un véritable expert ès CE parmi ses collaborateurs.